Une étude présentée par Corning explore l’emploi de feuilles de verre boro-aluminosilicate de 0,5 à 0,7 mm dans des vitrages triples et quadruples. Les essais montrent qu’il est possible d’augmenter l’isolation sans alourdir fortement le vitrage.
Les vitrages isolants gagnent en performance thermique en multipliant les lames de verre et les cavités remplies de gaz, mais cette évolution augmente généralement le poids et l’épaisseur des unités. Le document anglophone présenté par Celine Guermeur et Greg Couillard, de Corning, aux Glass Performance Days 2025, étudie une autre voie : intégrer des feuilles de verre boro-aluminosilicate de 0,5 à 0,7 mm au cœur de vitrages triples ou quadruples.
Dans une configuration de rénovation où l’épaisseur totale est limitée à 28 mm, l’étude compare un double vitrage composé de deux feuilles de 4 mm à un triple vitrage intégrant une feuille centrale de 0,5 mm. La résistance thermique au centre du vitrage progresse de 26 %, pour une hausse de poids limitée à 6 % et sans modification de l’épaisseur totale. Lorsque l’épaisseur disponible est plus importante, un quadruple vitrage doté de deux feuilles centrales ultrafines peut presque tripler la résistance thermique d’un double vitrage. L’unité étudiée atteint alors 57 mm, contre 64 mm avec des feuilles conventionnelles de 4 mm.
Les auteurs indiquent également que ces feuilles centrales, considérées comme non structurales dans les calculs de résistance au vent, ont atteint lors d’essais des charges statiques équivalentes ou supérieures à celles de doubles vitrages avant rupture. Le matériau présente en outre une meilleure résistance à la rupture d’origine thermique que le verre sodo-calcique. Dans le domaine du feuilleté, une composition associant une feuille sodo-calcique de 3 mm, 0,76 mm de PVB et une feuille boro-aluminosilicate de 0,5 mm a satisfait les classifications 1(B)1 de la norme EN 12600 et P2A de l’EN 356.
Cette approche intéresse directement la rénovation, où les dimensions des dormants existants limitent souvent le recours au triple vitrage. Elle ouvre aussi des possibilités pour les vitrages dynamiques : la faible épaisseur facilite l’intégration d’une cellule de teinte, tandis que le faible coefficient de dilatation du boro-aluminosilicate peut réduire les contraintes thermiques. La transformation de ces résultats en produits courants dépendra toutefois de la capacité de la filière à maîtriser la fabrication et le traitement de feuilles inférieures au millimètre.