Présenté à l’EU PVSEC 2026, le projet PHOTORAMA confirme que le verre issu de panneaux photovoltaïques en fin de vie peut être transformé en calcin adapté à la fabrication de verre plat. Maltha indique que 75 tonnes ont déjà été incorporées dans une production industrielle et que des modules fabriqués avec du verre récupéré ont obtenu des performances comparables à celles de modules utilisant du verre vierge.
À retenir
- Le projet européen PHOTORAMA a présenté ses résultats le 18 septembre 2026 à l’EU PVSEC, à Rotterdam.
- Maltha a produit un calcin issu de panneaux photovoltaïques en fin de vie, dont 75 tonnes ont été incorporées dans la fabrication de nouveau verre plat.
- Le verre récupéré a aussi permis de fabriquer des modules photovoltaïques dont les performances mécaniques et la fiabilité se sont révélées comparables à celles de modules utilisant du verre vierge.
Le recyclage à haute valeur dépasse le simple broyage des panneaux
La présentation du projet PHOTORAMA à Rotterdam marque une étape concrète pour la filière du verre solaire. Selon l’article publié par GlassOnWeb, en anglais, Maltha a participé à des travaux visant à récupérer séparément le verre, les métaux et les polymères contenus dans les panneaux photovoltaïques usagés. L’objectif est de conserver une qualité de matière suffisante pour réintroduire le verre dans des applications industrielles exigeantes, plutôt que de le dégrader en matériau de moindre valeur.
Cette approche repose sur des techniques de délamination. Elles permettent de dissocier les différentes couches du panneau tout en préservant un flux de verre propre. Maltha a contribué à l’analyse de la qualité du verre récupéré, à la production de calcin et à des essais industriels destinés à vérifier ses possibilités de réemploi. L’entreprise a également étudié d’autres débouchés circulaires pour cette matière.
Le sujet prend de l’importance avec l’augmentation attendue des volumes de panneaux arrivant en fin de vie. L’article estime que les déchets photovoltaïques mondiaux pourraient dépasser 210 millions de tonnes d’ici 2050. Le verre représente entre 70 et 95 % de la masse totale d’un panneau selon sa conception. Sa récupération constitue donc un levier majeur pour réduire l’emploi de matières premières vierges, limiter les déchets orientés vers l’enfouissement ou l’incinération et diminuer les émissions associées à la production verrière.
Les essais de Maltha ouvrent deux débouchés pour le verre récupéré
Le premier résultat concerne directement le verre plat. Après traitement par Maltha, le calcin provenant de panneaux photovoltaïques en fin de vie a été incorporé dans une installation industrielle de fabrication de verre plat. Les 75 tonnes utilisées avec succès démontrent que le verre solaire récupéré peut devenir une matière première pour de nouveaux produits verriers, et pas uniquement un coproduit destiné à des applications moins exigeantes.
Le second débouché est plus ambitieux : la réutilisation directe du verre récupéré dans de nouveaux modules photovoltaïques. Les modules fabriqués dans le cadre du projet ont affiché des performances comparables à celles de modules produits avec du verre vierge. Les essais mécaniques et les tests de fiabilité ont également été menés à bien. Le résultat ne constitue pas encore une généralisation industrielle, mais il montre que plusieurs cycles de vie pourraient être envisageables sans perte significative de qualité.
Cette avancée s’inscrit dans un mouvement déjà suivi par la filière européenne. Le dossier consacré au réemploi du verre photovoltaïque dans le float montre que la boucle entre panneaux en fin de vie et production verrière devient un axe industriel identifié. Elle complète les travaux plus larges sur le recyclage du verre de démolition, notamment ceux menés par Obayashi et AGC.
En France, l’enjeu porte désormais sur la qualité du calcin et le cadre de réemploi
Pour un industriel français du verre plat ou du photovoltaïque, le résultat est un signal technique plutôt qu’une nouvelle source d’approvisionnement immédiatement disponible. La page ne précise ni le calendrier d’un déploiement à grande échelle, ni les volumes commerciaux accessibles en France, ni le prix du calcin issu des panneaux. Elle confirme toutefois qu’un flux correctement traité peut répondre aux exigences de la fabrication du verre plat et qu’un retour vers de nouveaux modules est techniquement crédible.
Les prochaines étapes seront déterminantes pour les transformateurs et les fabricants de vitrages solaires : capacité des centres de traitement, régularité de la qualité, séparation des contaminants et acceptation par les producteurs. La présence possible d’antimoine dans certains verres photovoltaïques reste notamment un point de vigilance. Le projet identifie aussi le besoin de règles européennes claires pour le réemploi du verre récupéré et d’une meilleure acceptation des matières recyclées dans les applications à forte valeur.
Les acteurs français devront donc suivre à la fois les résultats industriels de Maltha et l’évolution des méthodes communes de calcul du contenu recyclé, dans le prolongement de la définition harmonisée publiée par Glass for Europe. À court terme, l’information ne permet pas de conclure à une baisse des prix ou à une disponibilité accrue du verre solaire recyclé ; elle établit surtout une référence industrielle pour les futurs contrats de collecte, de préparation du calcin et de fourniture aux fabricants.