Réunis le 13 mai 2026 à Madrid, les principaux systèmes espagnols de responsabilité élargie du producteur, dont Ecovidrio, estiment que l'empilement des textes freine la mise en conformité. Le règlement européen sur les emballages devient applicable le 12 août 2026.
Les principaux systèmes collectifs de responsabilité élargie du producteur (SCRAP) espagnols se sont réunis le 13 mai 2026 lors d'un petit-déjeuner de travail consacré à la décennie réglementaire qui s'ouvre pour les emballages. Autour de la table figuraient notamment Ecoembes, Ecovidrio, Envalora, Ecolec, AEVAE, Procircular, IMPLICA, Cartón Circular, Genci, Sigaus et Signus Ecovalor. Leur constat commun : l'insécurité juridique née de la superposition des textes freine aujourd'hui la mise en conformité, davantage que les contraintes techniques elles-mêmes.
Deux échéances se télescopent. Le règlement européen sur les emballages et les déchets d'emballages (PPWR) devient applicable le 12 août 2026, tandis que l'Espagne prépare en parallèle sa loi sur l'économie circulaire. Les éco-organismes pointent plusieurs zones d'ombre : l'identification exacte du producteur redevable reste ambiguë, rien ne garantit une lecture homogène du règlement d'un État membre à l'autre, et les communautés autonomes ajoutent des exigences propres parfois contradictoires. Des interprétations divergentes se traduiraient mécaniquement par des distorsions de concurrence entre opérateurs. L'administration elle-même, relèvent-ils, n'a pas encore clarifié ses mécanismes de contrôle. « L'accumulation des changements réglementaires génère une incertitude que les SCRAP ne peuvent pas résoudre seuls », résume la position collective rapportée par la revue professionnelle espagnole Interempresas, en espagnol.
Pour la filière verrière, l'enjeu dépasse le seul emballage. Ecovidrio, qui organise la collecte et le recyclage du verre creux en Espagne, alimente en calcin une chaîne dont dépendent aussi les fondeurs de verre plat lorsqu'ils cherchent à réduire l'empreinte carbone de leurs fours. Un cadre juridique instable sur la responsabilité du producteur et sur la traçabilité du contenu recyclé retarde les décisions d'investissement de toute la boucle, au moment précis où les objectifs européens de circularité se durcissent.