Sedak présente un équipement de cintrage à chaud capable de produire des vitrages architecturaux multicourbes, coniques, en J ou anticlastiques. Le système accepte des panneaux allant jusqu’à 11,5 × 3,6 m et des rayons inférieurs à 500 mm.
Les formes complexes restent l’un des points difficiles du verre architectural. Le cintrage gravitaire permet de réaliser des géométries très libres, mais il nécessite un moule spécifique et conduit généralement à un verre recuit. Les équipements de cintrage mécanique disponibles jusqu’ici produisent surtout des formes cylindriques, avec des limites liées aux dimensions, aux rayons et à la position des couches. Dans un article anglophone publié dans les actes évalués par les pairs de la Challenging Glass Conference 10, Joan Tarrús et Julian Hänig, de sedak, décrivent une nouvelle génération de four destinée à dépasser ces contraintes.
Le système présenté peut traiter des panneaux allant jusqu’à 11,5 × 3,6 m, avec une flèche de cintrage maximale de 1,2 m et des rayons inférieurs à 500 mm. Chaque feuille est mise en forme dès le début du cycle, puis sa géométrie est maintenue pendant son passage dans le four jusqu’à la trempe. Cette continuité permet de produire des pièces multicourbes, coniques, en forme de J ou anticlastiques, avec des tolérances dimensionnelles annoncées comme serrées.
L’intérêt industriel tient aussi à la combinaison entre liberté géométrique et traitement thermique. Le procédé permet d’obtenir du verre durci thermiquement ou entièrement trempé, alors que le cintrage gravitaire conventionnel aboutit habituellement à un verre recuit. Sedak indique que les panneaux sont formés en quelques minutes, ce qui réduit le temps de fabrication, les coûts et les pertes de matière associés aux moules sur mesure. Le fabricant affirme également une consommation énergétique inférieure à celle des méthodes conventionnelles de cintrage gravitaire.
La technologie accepte les couches à faible émissivité, de contrôle solaire et à haute sélectivité, y compris les configurations à double ou triple couche d’argent. Elle ne limite pas non plus la face sur laquelle sont placées la couche ou la fritte céramique. Pour les concepteurs de façades, cette évolution élargit donc le champ des formes réalisables sans renoncer aux performances thermiques et solaires du vitrage. Pour les transformateurs, elle suppose en revanche de gérer de nouvelles exigences de conception, de manutention et de contrôle optique sur des panneaux de très grande dimension.