Le procédé tempered+ de sedak vise à supprimer les irisations et les motifs colorés associés à l’anisotropie du verre trempé. La solution est annoncée depuis 2022 pour des vitrages architecturaux de très grand format, y compris des ensembles feuilletés, isolants et cintrés à froid.
À retenir
- Depuis 2022, sedak fournit un verre architectural présenté comme dépourvu d’anisotropies visibles.
- Le procédé tempered+ couvre des formats allant de 3,21 × 6 m jusqu’à 3,6 × 20 m, ainsi que des panneaux cintrés à froid.
- Un contrôle présenté dans la source espagnole fait état d’un quantile à 95 % inférieur ou égal à 60 nm pour l’anisotropie mesurée sur un panneau tempered+.
Le procédé tempered+ cherche à supprimer les irisations du verre trempé
Le verre trempé apporte la résistance mécanique et la sécurité nécessaires à de nombreux projets architecturaux, mais son traitement thermique peut laisser apparaître des effets optiques indésirables. Lorsque la lumière est polarisée ou arrive sous certains angles, des zones colorées, des reflets brillants et des motifs comparables à des arcs-en-ciel peuvent se former à la surface du vitrage. Le phénomène provient de répartitions de contraintes différentes dans le verre. Dans les projets de façade, de garde-corps ou de vitrage structurel, ces marques deviennent particulièrement visibles lorsque les panneaux sont de grande dimension et fortement exposés à la lumière.
Dans un article publié en espagnol par la revue Interempresas, sedak présente tempered+ comme une réponse à cette limite visuelle. Le fabricant décrit un traitement thermique fondé sur un chauffage de précision et un refroidissement équilibré. L’objectif est de réduire les différences de contraintes internes dès le traitement, afin que le vitrage conserve une apparence plus homogène lorsqu’il est observé avec un filtre polarisant ou dans des conditions lumineuses exigeantes.
Les formats annoncés couvrent les vitrages architecturaux de grande dimension
La solution n’est pas limitée à un vitrage monolithique de petite taille. La page source indique une compatibilité avec les vitrages isolants et les vitrages feuilletés de sécurité. Elle mentionne également des panneaux courbes obtenus par cintrage à froid. Cette combinaison est importante pour les projets où l’aspect optique doit rester cohérent entre plusieurs compositions ou entre des parties planes et courbes d’une même enveloppe.
Les dimensions annoncées illustrent le positionnement de la technologie. Le fabricant cite des formats « jumbo » de 3,21 × 6 m, mais aussi des panneaux pouvant atteindre 3,6 × 20 m. À ces dimensions, la maîtrise de l’aspect ne relève plus seulement de la finition : elle intervient dans la conception, le transport, la manutention et la pose. Une variation d’apparence répétée sur une façade continue peut en effet devenir un sujet de réception au même titre qu’une différence de teinte ou de réflexion entre deux lots.
La source affirme par ailleurs que le verre conserve les caractéristiques structurelles attendues d’un verre trempé ou durci thermiquement et qu’il répond aux exigences internationales applicables à ces produits. Cette indication doit toutefois être lue comme une donnée de présentation du fabricant : la conformité d’un vitrage installé dépendra toujours de sa composition, de son épaisseur, de son traitement, de son assemblage et des règles propres au projet.
Les normes reconnaissent encore l’anisotropie comme un effet du trempage
Le point le plus intéressant pour les prescripteurs concerne l’écart entre la qualité mesurable et la qualité habituellement admise. La source rappelle que les référentiels ASTM et EN, notamment l’EN 14179 citée dans l’article, décrivent l’anisotropie comme un effet visible du verre trempé et non comme un défaut. Cette position revient à considérer que les irisations constituent une conséquence connue du procédé, dès lors que les autres exigences du vitrage sont satisfaites.
Le fabricant soutient que les progrès du traitement thermique permettent désormais d’aller au-delà de ce minimum conventionnel. La page présente un scan comparant un panneau trempé classique et un panneau tempered+. Pour ce dernier, elle indique un quantile à 95 % inférieur ou égal à 60 nm. Cette valeur donne un repère de contrôle, mais elle ne remplace pas une spécification de projet : le niveau d’acceptation visuelle, la méthode de mesure et les conditions d’observation doivent être définis avec les parties prenantes.
Cette approche peut intéresser les façades où le ciel, l’eau ou de grandes surfaces réfléchissantes accentuent la polarisation de la lumière. La source insiste sur les bâtiments côtiers et les architectures méditerranéennes, mais le problème est plus général : toute façade vitrée très exposée, tout garde-corps transparent et tout ouvrage où le vitrage participe directement à l’expression architecturale peut rendre ces effets perceptibles.
En France, tempered+ pourrait surtout répondre aux exigences visuelles des grands projets
Pour un façadier français, l’information ouvre une piste lorsqu’un maître d’ouvrage refuse les irisations visibles sur une façade ou un garde-corps de grande taille. Elle ne signifie pas que le verre trempé standard devient impropre : les normes continuent de reconnaître l’anisotropie comme un effet admissible du procédé. Elle signifie plutôt qu’une solution spécifique peut être étudiée lorsque l’apparence constitue un critère contractuel ou lorsque plusieurs panneaux doivent conserver une transparence particulièrement uniforme.
Pour un transformateur, les formats annoncés et la compatibilité avec le feuilleté et le vitrage isolant devront être confrontés aux capacités de découpe, d’assemblage, de transport et de pose disponibles. Le cintrage à froid peut aussi modifier l’organisation du projet et les contrôles à prévoir. La disponibilité, les délais et le prix ne sont pas précisés dans la page source : ils devront donc être vérifiés directement avant toute prescription.
Le sujet reste également à suivre sur le terrain normatif. Tant que les textes décrivent l’anisotropie comme un effet et non comme un défaut, la valeur commerciale d’un vitrage sans irisations dépendra surtout du cahier des charges et de la capacité à documenter la performance annoncée. Cette évolution s’inscrit dans le prolongement des travaux de sedak sur le verre architectural multicourbe trempé, mais les deux sujets ne doivent pas être confondus : tempered+ concerne ici la maîtrise de l’apparence optique.