AGC Glass Europe a confié à Storio Energy, filiale du groupe E.ON, l'installation d'un stockage par batteries LFP de 2,4 MW et 4,8 MWh sur son site mosellan de Seingbouse. L'équipement doit permettre de décaler la consommation électrique vers les heures les moins chères et d'éviter 517 tonnes de CO2 par an.
La facture énergétique reste le premier poste variable d'un verrier, et l'écart entre les heures creuses et les heures de pointe du marché électrique ne cesse de se creuser. AGC Glass Europe chiffre cet écart à 25 €/MWh en 2019, 90 €/MWh en 2025 et 115 €/MWh en 2026 entre l'heure la moins chère et l'heure la plus chère de la journée. C'est sur ce différentiel que le verrier a décidé d'agir en équipant son site de Seingbouse, en Moselle, d'un stockage stationnaire d'électricité.
L'installation a été confiée à Storio Energy, la filiale de stockage par batteries du groupe énergéticien E.ON. Elle repose sur une technologie lithium fer phosphate (LFP) d'une puissance de 2,4 MW pour une capacité de 4,8 MWh, soit l'équivalent de la consommation instantanée d'environ 500 foyers français. La batterie est garantie pour une durée minimale de quinze ans. Selon les données communiquées par AGC et rapportées par la revue Verre & Menuiserie, le dispositif doit permettre d'éviter 517 tonnes de CO2 par an.
Le site de Seingbouse n'en est pas à son premier équipement de ce type : il dispose déjà de centrales photovoltaïques et d'un système de récupération et de conversion de la chaleur fatale par cycle organique de Rankine (ORC). La batterie complète cette panoplie en apportant ce que les autres briques ne savent pas faire, à savoir un décalage temporel de la consommation : l'usine peut s'effacer des heures les plus chères, dont le prix reste largement corrélé à celui du gaz, et reconstituer son stock quand l'électricité est bon marché.
Pour les industriels électro-intensifs du verre, l'intérêt de la démarche dépasse le bilan carbone. Dans un marché de l'électricité dont la volatilité intrajournalière a quadruplé en sept ans, la capacité à arbitrer les heures de consommation devient un avantage de coût direct, et donc un paramètre de compétitivité au même titre que le rendement d'un four ou le taux de casse d'une ligne de transformation.